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Des surenchères, des pots de vin, des pressions… Il y a beaucoup d’agitation, ces jours-ci, autour de la motion de censure contre le président de l’assemblée Rached Ghannouchi. Si l’on écoutait ses adversaires, ils subiraient tous des pressions pour ne pas voter pour cette motion. Si l’on écoutait ses fans, il y aurait de l’argent émirati, saoudien et même de la planète mars pour voter cette motion.


Loin de toute cette effervescence, Rached Ghannouchi a pourtant garanti son maintien au perchoir depuis la semaine dernière avec beaucoup de subtilité. De prime abord, il a écarté la possibilité d’être humilié en supprimant les débats. Il a ensuite décidé la confidentialité afin de permettre aux députés appartenant aux coalitions adverses de ne pas suivre les consignes de leurs chefs. Enfin, le timing choisi est pernicieux puisqu’il coincide avec la veille de l’aïd, synonyme pour des dizaines de députés de départs vers les régions intérieures du pays pour passer la fête du sacrifice en famille.


Le grand coup de Ghannouchi ne réside cependant ni dans le huis clos ni dans la confidentialité, ni dans le timing, mais plutôt dans le déroulement même de l’opération de vote.


Les députés qui « doivent » être présents demain sont uniquement ceux qui vont pour la motion, c'est-à-dire ceux qui vont chercher à déloger le président de l’assemblée. Ceux qui sont pour son maintien ne sont pas obligés de venir, leur vote ne servant à rien. Al Karama, toutou d’Ennahdha, a d’ores et déjà appelé au boycott de la séance. Si tu es pour le limogeage de Ghannouchi, tu viens, si tu es contre, reste chez toi a été le maitre mot lancé aux différents députés d’Ennahdha, d’El Karama et de Qalb Tounes. Du coup, s’il y a un "traitre" dans ces camps là, un Zied Laâdhari par exemple qui voudrait se débarrasser de son président, il va être grillé tout de suite, puisque sa seule présence à la plénière sera considérée comme suspecte et comme une volonté de trahir le chef.


Ainsi présentée, on devrait avoir demain un nombre de députés présent égal à celui des députés qui vont voter pour la motion. Toute personne, qui aimerait trahir la consigne du parti et trahir le « cheikh », sera identifiée avant même le déroulement du vote.

Source: BusinessNews