Le 45e prĂ©sident des États-Unis, qui entend briguer un deuxiĂšme mandat en novembre 2020, Ă©tait visĂ© par deux articles de mise en accusation – abus de pouvoir et entrave Ă  la bonne marche du CongrĂšs – parce qu’il a demandĂ© Ă  l’Ukraine d’enquĂȘter sur un de ses rivaux potentiels Ă  la prĂ©sidentielle.
(Washington, Battle Creek) Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a Ă©tĂ© mis en accusation mercredi soir lors d’un vote au CongrĂšs synonyme de procĂšs en destitution pour l’ex-homme d’affaires qui a immĂ©diatement dĂ©noncĂ© la « haine » de ses adversaires politiques.

La Chambre des reprĂ©sentants, dominĂ©e par les dĂ©mocrates, s’est prononcĂ©e en faveur de l’« impeachement » du milliardaire rĂ©publicain de 73 ans pour « abus de pouvoir », par 230 voix contre 197.

Il appartiendra dĂ©sormais au SĂ©nat de juger Donald Trump, sans doute en janvier. Les rĂ©publicains, qui contrĂŽlent la chambre haute, ont la ferme intention d’acquitter leur prĂ©sident.



La Chambre des reprĂ©sentants, dominĂ©e par les dĂ©mocrates s’est prononcĂ©e en faveur de l’impeachment du milliardaire rĂ©publicain de 73 ans.
Ce vote, qui intervient Ă  moins d’un an du scrutin prĂ©sidentiel, est en tout point historique.

Seuls deux autres prĂ©sidents — Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 — ont vĂ©cu une mise en accusation. Le rĂ©publicain Richard Nixon, empĂȘtrĂ© dans le scandale du Watergate, avait prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©missionner en 1974 avant de subir telle avanie.

Dans un spectaculaire tĂ©lescopage tĂ©lĂ©visuel, la dĂ©cision est tombĂ©e au moment mĂȘme oĂč Donald Trump Ă©tait Ă  la tribune d’un rassemblement de campagne Ă  Battle Creek, dans le Michigan, Ă  environ 1000 km de Washington.
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Accusant la « gauche radicale » d’ĂȘtre rongĂ©e par « l’envie et la haine », il a accusĂ© les dĂ©mocrates d’essayer « d’annuler le vote de dizaines de millions d’AmĂ©ricains » en tentant de le pousser hors de la Maison-Blanche. Et a estimĂ© que ses adversaires politiques venaient de commettre un « suicide politique ».

« C’est tragique, mais les actes irresponsables du prĂ©sident rendent sa mise en accusation nĂ©cessaire », a rĂ©torquĂ© Nancy Pelosi, la chef des dĂ©mocrates au CongrĂšs. « Il ne nous a pas laissĂ© d’autre choix », a-t-elle ajoutĂ©.



Le 45e prĂ©sident des États-Unis, qui entend briguer un deuxiĂšme mandat en novembre 2020, a Ă©tĂ© Ă©galement mis en accusation pour entrave Ă  la bonne marche du CongrĂšs, en raison de son refus de participer Ă  l’enquĂȘte en destitution le visant.

Il lui est reprochĂ© d’avoir demandĂ© Ă  l’Ukraine d’enquĂȘter sur un de ses rivaux potentiels Ă  la prĂ©sidentielle de 2020. « ProtĂ©ger la dĂ©mocratie »

Le vote a suivi, à une poignée de voix prÚs, de strictes lignes partisanes.


Une manifestation pro-impeachment s’est dĂ©roulĂ©e mardi Ă  San Francisco.
Pour les rĂ©publicains, la procĂ©dure de destitution est « une blague absolue », une « supercherie », qui ne s’appuie sur « aucun fait » et est motivĂ©e par l’aversion des dĂ©mocrates pour un prĂ©sident qui brise les codes.

« Ils ne dĂ©testent pas seulement Donald Trump, ils dĂ©testent les 63 millions d’AmĂ©ricains qui ont votĂ© pour ce prĂ©sident », a lancĂ© l’élu rĂ©publicain Steve Scalise.

Faux, ont rĂ©pondu Ă  l’unisson les parlementaires dĂ©mocrates. Les poursuites contre le prĂ©sident n’ont rien Ă  voir avec des considĂ©rations personnelles ou des divergences politiques, ont-ils assurĂ©. Il s’agit, selon eux, de « protĂ©ger la Constitution », « la dĂ©mocratie » ou encore « l’état de droit » menacĂ©s par un prĂ©sident qui se croit « au-dessus des lois » comme « un monarque ».

Un seul point d’accord a Ă©mergĂ© entre les deux camps : cette « triste » journĂ©e entrera dans les livres d’Histoire. « Tas d’absurditĂ©s »


Le tempĂ©tueux prĂ©sident septuagĂ©naire veut transformer cette Ă©preuve en victoire politique. Objectif affichĂ© ? Utiliser cette procĂ©dure pour galvaniser sa base et, grĂące Ă  la rĂ©ussite de l’économie amĂ©ricaine, arracher sa rĂ©Ă©lection dans onze mois.

Donald Trump met une casquette Keep America Great lors d’un Ă©vĂšnement Ă  Philadelphie, dimanche.
Il affirme, et les républicains avec lui, que la procédure de destitution est de moins en moins populaire auprÚs des Américains.

Mais les sondages montrent que les lignes ont peu bougé. Selon une étude NBC News/Wall Street Journal rendue publique quelques heures seulement avant le vote de la chambre basse, 48 % des Américains sont favorables à la destitution de Donald Trump et
 48 % des Américains y sont opposés.

À Battle Creek, dans le Michigan, ses supporteurs affichaient une foi inĂ©branlable dans leur prĂ©sident. « Un homme innocent est en train d’ĂȘtre jugĂ© sur un tas d’absurditĂ©s », regrettait une de ses fans, Wendy Timmerman. « Je n’ai aucun doute : c’est une escroquerie ! », renchĂ©rissait un autre, Joe Bontrager. « Il a Ă©tĂ© pris »


Mais pour les dĂ©mocrates, l’ancien homme d’affaires a trahi le serment de sa fonction.

« Il Ă©tait prĂȘt Ă  sacrifier notre sĂ©curitĂ© nationale [
] pour amĂ©liorer ses chances de rĂ©Ă©lection », a accusĂ© Adam Schiff, qui a supervisĂ© l’enquĂȘte contre le milliardaire rĂ©publicain.

« Il a essayé de tricher et il a été pris », a-t-il ajouté depuis la tribune, en assurant que « le danger persistait ».

En cause, un chantage auquel Donald Tump et quelques-uns de ses proches auraient soumis le président ukrainien Volodymyr Zelensky. AFP

Le 25 juillet, un échange téléphonique entre les deux dirigeants met le feu aux poudres.

Donald Trump demande Ă  ce prĂ©sident novice en politique, en proie Ă  un conflit avec la Russie, d’annoncer une enquĂȘte anticorruption contre le dĂ©mocrate Joe Biden et son fils Hunter, ex-membre du conseil d’administration d’une entreprise gaziĂšre ukrainienne.

Ancien vice-prĂ©sident, Joe Biden mĂšne la danse dans la primaire dĂ©mocrate pour l’élection prĂ©sidentielle et apparaĂźt comme l’adversaire le plus dangereux pour le sortant rĂ©publicain.

Un faisceau d’informations concordantes et de tĂ©moignages semble de plus attester qu’un lien avait Ă©tĂ© Ă©tabli entre une annonce Ă©ventuelle de ces investigations et le dĂ©boursement d’une aide militaire amĂ©ricaine pour l’Ukraine.

Source: LaPresse